Education positive

Education Non Violente : Témoignage

ecouteEn pratiquant l’Education Non Violente, je ne pratique pas une méthode, je suis. J’apprends à être en lien avec moi, avec les enfants, avec les autres. Je fais le choix d’apprendre aux enfants la coopération plutôt que la compétition. Je fais le choix de les inviter à aller vers des solutions gagnant-gagnant. Je fais le choix de respecter mes besoins, mes limites tout en faisant le choix d’accepter les leurs même s’ils sont différents des miens à l’instant T. Je fais ces choix parce que je pense que c’est ce qui est juste et que c’est en permettant à tout le monde de se sentir accepté tel qu’il est, dans une relation entretenue avec amour et respect, que chacun pourra développer tout son potentiel et vivre pleinement la vie.

Je sais que les enfants modélisent l’attitude des figures parentales qui les accompagnent chaque jour. Je leur apprends donc tout ça par mon attitude envers moi-même, par mon attitude envers eux, par mon attitude envers les autres, par mon attitude envers l’environnement. Il ne s’agirait donc pas que je défende ces valeurs en faisant le contraire de ce que je défends. Oh, je suis loin d’être parfaite. Je m’énerve, je m’emporte, je juge, je critique, je parle de personnes qui ne sont pas là, je cherche à convaincre, je crie,… Je suis chaque jour en plein apprentissage ! Et à chaque fois, en moi, je sens une énergie qui se manifeste comme pour me dire « Attention, stop, ce que tu fais maintenant, ça ne va pas ». Je le fais de moins en moins et je mesure comme l’impact est important sur moi et sur les autres. N’est-ce pas ça que je recherche, finalement ?
Permettre un échange constructif, parce que je ne suis pas dans un jugement ou une prise de pouvoir / un rapport de force avec l’autre et ainsi permettre un changement ! (Cela ne vous rappelle pas la phase d’affirmation du tout petit ? )

En choisissant de chercher à convaincre ou d’aller contre (une attitude, une pensée, un comportement, une manière d’être ou de faire…), j’agis en ré-action à quelque chose. Je me positionne comme sachant face à l’autre qui se trompe. Le risque à ce moment-là étant que l’autre se sente attaqué, se mette sur la défensive et attaque à son tour ou alors se suradapte à ma pensée sans vérifier si elle est juste pour lui. Finalement, on n’est pas vraiment dans l’esprit de coopération dont je parlais plus haut, je ne cherche pas une fin gagnant-gagnant et, ce qui me semble indispensable à mesurer (et beaucoup de choses changent pour moi depuis que je vis cette prise de conscience), c’est que je ne suis pas congruente : pour défendre les valeurs qui me sont chères, j’agis en ré-action à, mes actions et mes paroles vont à l’encontre de ce que je défends. Je n’agis pas (dans l’ici et maintenant), je ré-agis (en ré-action à mon histoire ?)

Contrairement aux idées véhiculées un peu partout dans les médias, l’ENV n’est pas une solution de facilité qui prône le laxisme et le « tout laisser faire à l’enfant ». Cela demande un sacré travail d’introspection, ça demande de revisiter ses propres croyances, ses propres émotions, d’apprendre à repérer ses besoins, d’accepter d’être soi, au stade où l’on en est, avec nos fragilités, nos forces, nos qualités, de développer des compétences d’écoute, de présence authentique. Les idées reçues sont encore trop nombreuses et ne permettent pas de se faire une réelle idée de ce qu’implique l’éducation « au niveau de l’enfant ».

niveau

Si je vous exprime cela aujourd’hui, c’est parce que j’ai besoin de partager l’idée qu’un éducateur peut à la fois être dans de la bienveillance tout en étant cadrant et sécurisant. Ce n’est pas (toujours) parce qu’il ne punit pas, ne crie pas, entend les besoins des enfants, écoute leurs émotions et les accompagne de manière bienveillante qu’il est un éducateur « dans l’affectif » ou « laxiste ».

Je lis ou entends trop souvent l’amalgame entre le laxisme et l’ENV. Je ne suis pas laxiste lorsque je ne punis pas tout simplement parce que je mets du sens derrière la non punition. Il y a une action derrière, une réflexion personnelle et commune avec l’enfant. Je ne laisse pas la situation telle qu’elle est, je ne suis pas dans une attitude de déni ou en retrait de la situation problématique. J’agis autrement, avec l’objectif de permettre à l’enfant de vivre de l’intérieur son erreur et de se sentir suffisamment investi et en sécurité dans la relation pour trouver une solution qui convienne à tout le monde : « Gagnant-gagnant ». Je considère que chacun a droit à l’erreur et que l’on ne peut pas demander à un enfant, même approchant de l’adolescence, de savoir faire avant d’avoir appris de ses erreurs.

Donnez la chance aux personnes qui ont une autre vision de l’éducation de vous exposer leurs idées, leurs remarques, leurs réflexions. Et autorisez-vous à dire en quoi cette manière de faire ne vous met pas en sécurité, en quoi elle vous gêne, ce qu’elle vient dire de vous et pourquoi pas ce qui vous plaît mais que vous ne savez pas encore comment appliquer. Et c’est alors qu’ensemble, vous pourrez coopérer pour trouver une ligne de conduite commune pour un accompagnement de qualité.

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