Education positive·Enfance·Pédagogie

L’enfant selon Pierre Rabhi

rabhi

« Il est urgent d’éradiquer ce principe de compétition qui place l’enfant, dès sa scolarité, dans une rivalité terrible avec les autres et lui laisse croire que s’il n’est pas le meilleur, il va rater sa vie. Beaucoup répondent à cette insécurité par une accumulation stupide de richesses, ou par le déploiement d’une violence qui vise à dominer l’autre, que l’on croit devoir surpasser.

Aujourd’hui, on est tout fier lorsqu’un enfant de 5 ans sait manipuler la souris de l’ordinateur et compter parfaitement. Très bien. Mais trop d’enfants accèdent à l’abstraction aux dépens de leur intériorité, et se retrouvent décalés par rapport à la découverte de leur vraie vocation.

Dans notre jeune âge, nous appréhendons la réalité avec nos sens, pas avec des concepts abstraits. Prendre connaissance de
soi, c’est d’abord prendre connaissance de son corps, de sa façon d’écouter, de se nourrir, de regarder, c’est ainsi que l’on accède à ses émotions et à ses désirs. Quel dommage que l’intellect prime à ce point sur le travail manuel. Nos mains sont des outils magnifiques, capables de construire une maison, de jouer une sonate, de donner de la tendresse.

Offrons à nos enfants ce printemps où l’on goûte le monde, où l’on consulte son âme pour pouvoir définir, petit à petit, ce à quoi l’on veut consacrer sa vie. Offrons-leur l’épreuve de la nature, du travail de la terre, des saisons. L’intelligence humaine n’a pas de meilleure école que celle de l’intelligence universelle qui la précède et se manifeste dans la moindre petite plante, dans la diversité, la complexité, la continuité du vivant. » – Pierre Rabhi

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43 réflexions au sujet de « L’enfant selon Pierre Rabhi »

  1. Merci pour ce blog très enrichissant, pour le partage de votre expérience. Vos articles et les thèmes abordés donnent à réfléchir …
    Bonne continuation
    Une éduc en formation 🙂

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    1. Bonjour Cindy,
      Je suis toujours heureuse de croiser des futurs collègues sur ce blog, alors bienvenue et merci pour votre passage et votre commentaire encourageant !
      Au plaisir de vous relire 🙂

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  2. A reblogué ceci sur Ze Blog Récré à Vieet a ajouté:
    « Il est urgent d’éradiquer ce principe de compétition qui place l’enfant, dès sa scolarité, dans une rivalité terrible avec les autres et lui laisse croire que s’il n’est pas le meilleur, il va rater sa vie. Beaucoup répondent à cette insécurité par une accumulation stupide de richesses, ou par le déploiement d’une violence qui vise à dominer l’autre, que l’on croit devoir surpasser. »

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  3. Oui, cela est un fait croissant d’une évidence claire à faire changer urgemment pour un monde meilleur et humaniste. Découvrez les explications cérébrales de ces mécanismes mentaux sans avenirs bénéfiques sur mon blog au lien en bas de mon message. Au début des définitions, puis les modes de fonctionnement internes, puis conclusions sur les réalités humaines et des nouvelles générations: comprendre, c’est le premier chemin vers le changement de soi:
    http://le-vrai-sens-originel-de-la-vie.over-blog.com/2013/12/i-la-structure-de-mon-cerveau-les-zones-inconscientes-dont-je-suis-totalement-d%C3%A9pendant-dans-l%E2%80%99ignorance-en-pensant-avoir-la-ma%C3%AE

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  4. 02-01-2014
    amstelveen , the Netherlands

    First I would like to pass the best wishes, and most certainly the most important thing in Life:
    Love – l’ Amour – die Liebe – Amore ++

    I think Man is born out op Love , Passion when during a very brief moment – a HIGGS moment
    TIME stoot still.

    An act of LOVE followed by the creation of New LIFE. A miracle if not is was simple NATURE having its way.

    LIFE moving forward in HIGGS moments.

    All my Love to all the Bloggers of this WONDERFULL SITE. Which I will cherish through
    mine HIGGS moment of time.

    john dear

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  5. Bonjour
    Totalement en phase avec vous. Instituteur depuis trente ans. En lutte constante avec la hiérarchie et les directives gouvernementales. L’éducation nationale est un fossile qui s’octroie le droit de formater la vie pour des intentions mercantiles. Le développement de l’enfant n’a jamais été leur objectif. Les dégâts sont immenses. Même pour les enfants qui surnagent et dont les résultats viennent valider un système totalement pervers. Il faut tenter d’établir une vision macroscopique. Pierre Rabhi en est un exemple parfait. Merci à vous.
    http://la-haut.e-monsite.com/pages/philosenfants.html

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  6. L’idéal n’est pas de « revenir » aux bases mais de les introduire dans une éducation complète, holistique.
    Il faut pouvoir allier les disciplines sans sombrer dans les extrêmes, c’est ça le vrai défi : découvrir les sens et émotions d’une part, jongler avec les abstractions et la rhétorique d’autre part. Trouver son chemin, exprimer ses désirs mais aussi pouvoir compter juste, rapidement (plus vite que son voisin), sur papier et sur iPad.

    Les dérives sont de tous les côtés : mégalomanie, arrogance, matérialisme, mépris, romantisme, dépression, manipulation,…

    La vie, par définition, c’est la compétition : survival of the fitest, dans la jungle comme dans la société.

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  7. Ce qui me chagrine malheureusement c’est que ce qui devrait nous paraitre normal, est une tare dans cette société.
    On devrait avoir le droit de vivre en cultivant sa terre, en respectant les cycles sans forcément faire un retour en arrière, sans chercher à surproduire dans un interet financier et de compétitions permanentes…
    Mais des le plus jeunes age c’est malheureusement ce que cette société veux enseigner aux enfants, alors qu’il me paraitrait logique de laisser à l’enfant le temps de s’epanouir librement, certains marchent a 8 mois d’autres a deux ans et alors au bout du compte ne finit on pas tous par le faire.
    J’aimerai croire que les consciences changeront mais je doute qu’un systeme qui se plait à creer de la competition afin de diviser les groupes ne puissent faire machine arriere
    Mais je souhaite que nos enfants soient plus malin que nous et peux etre plus courageux face à un monde qui refuse d’accepter la difference….

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  8. En tant que professeur de yoga, je ne peux qu’adhérer !… La non-compétition avec les autres et avec soi-même car cette compétition est une violence que nous nous infligeons souvent d’abord à nous-mêmes ! … A contre-courant du monde dans lequel nous vivons, ce qui rend la démarche d’autant plus ardue et d’autant plus indispensable. Merci pour ce beau texte que j’ai fait suivre à plusieurs de mes ami(e)s enseignant(e)s et à plusieurs de mes élèves qui m’apprennent autant que je leur enseigne.

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  9. J’ai 48 ans, je n’ais pas d’enfant. Depuis 3 ans je garde des enfants à domicile avec une expérience de 5 mois dans un milieu de garde qui m’a complètement désolée et abasousdie ! Je suis donc retournée à la garde à domicile. Je ne suis pas parent, J’estime que mon rôle auprès des enfants est privilégié. Je n’éprouve pas la crainte que l’enfant ne s’intègre pas « comme il faut » dans le système afin qu’il devienne un adulte « libre ». Beaucoup de parents vivent avec cette angoisse soit consciente ou inconsciente. C’est très difficile pour les parents actuellement. Ce qu’avance Pierre Rabhi, n’est pas une « illumination », Januusz Korczak, Françoise Dolto, Albert Jaquart, Edgar Morin et bien d’autres parlent de la necessité de permettre à l’enfant un développement harmonieux et épanouïssant en tenant compte de sa nature unique plutôt que de lui faire répondre aux lois imposées par la société qui, actuellement, fonctionne sur une base productive et compétitive et ignore ainsi la qualité d’être humain en relation avec un autre humain s’inspirant de son environnement naturel… ce qui, somme toute, sera fondamental pour l’enfant devenu adulte et son rôle dans son environnement immédiat. Le défi semble énorme ! et parfois même décourageant. J. Korczak qui a voué sa vie aux droits des enfants, à qui nous devons la convention internationale des droits de l’enfant, adoptée par les nations unies en 1989, inspire le fait que « L’enfant ne devient pas un Homme, il en est déjà un ». Edgar Morin parle de montrer la voie sans asservissement. Cette tâche semble celle de « penseurs » qui ne font pas face à un quotidien déjà bien lourd à porter… une des qualité merveilleuse de l’enfant est justement d’apporter la légèreté, la spontanéité, la fragilité aussi, la sensibilité, leurs vision du monde qui les entoure sans le voile des conditionnements. Il s’agit pour l’adulte de lâcher prise sur son rôle d’adulte qui sait et qui porte tout sur ses épaules et d’accepter se laissé toucher par les qualités des enfants. L’éducation c’est aussi cela, et nous adultes avons besoin aussi de leur enseignement.

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    1. Bienvenue Catherine,
      Je suis très touchée par votre témoignage et par vos remarques. Je trouve que vous employez des mots justes et cohérents, en tous cas qui me parlent beaucoup !
      Merci d’avoir participé à la vie de ce blog en partageant avec nous ces très beaux mots.
      Elodie

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  10. J’aime cette posture que j’ai essayé d’adopter tant avec mes trois enfants qu’avec mes élèves puisque je suis enseignant. Même à l’Education Nationale, pourtant bastion du système décrit, des adultes sont sensibles à l’importance de l’aspect non scolaire de l’éducation.

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    1. Bonjour Arnaud,
      Je suis toujours ravie de lire des interventions de personnes travaillant dans l’Education Nationale, surtout lorsqu’il s’agit de défendre, comme vous le dites, « l’aspect non scolaire de l’éducation » !
      Bienvenue !
      Elodie

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      1. Nous sommes beaucoup comme cela dans l’EN: faire en sorte que les enfants soient heureux, épanouis, curieux, éveillés, créatifs… vraiment! Croyez bien que ceux qui cherchent la comparaison des uns envers les autres, ceux qui dévalorisent le travail manuel ou opposent le travail manuel au travail intellectuel (ce qui est d’ailleurs un des torts de ce texte), ceux qui veulent aller a l’encontre de ce dont a besoin ou ce dont a envie un enfant, ceux qui nourrissent la seule ambition d’être supérieur aux autres, ce n’est que rarement l’équipe enseignante et bien davantage les parents…on nous prête beaucoup trop de fausses intentions…Si un jour je dis aux parents de mes élèves lycéens que je donnerai des taches collectives, on m’opposera que ce n’est pas équitable. Des évaluations non notées? On me taxera de démagogie. Aider des élèves après les cours? On questionnera mes motivations en les rendant suspectes, ou certains collègues diront que je détruis des postes!
        Et en même temps, laisser croire que l’enfant peut faire ce qu’il veut pour être heureux est faux, il a besoin d’une présence bienveillante pour le guider, pour lui montrer qu’il peut y arriver par lui même.
        Enfin il ne faut pas croire que la nature humaine, comme la nature tout court, qu’on laisse faire est clémente, au contraire elle est cruelle, chaotique, violente.

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      2. Bonjour Ian,

        Je comprends ce texte comme un constat général, pas uniquement ciblé sur l’éducation nationale mais sur l’ensemble de la société. Et l’EN en fait partie.
        Je ne lis pas non plus que Pierre Rabhi oppose le travail manuel au travail intellectuel. Je lis un constat : le travail intellectuel est largement valorisé par rapport au travail intellectuel.

        Le problème ne réside pas dans un groupe de personnes mais au sein de la société de manière générale. Les schémas dans lesquels nous sommes, nos croyances individuelles et collectives… influencent l’attitude que nous avons avec nos enfants, influencent les apprentissages que nous pensons devoir leur faire intégrer, influencent la manière dont nous allons percevoir les choix de l’instituteur (pour ne parler que d’eux, puisque c’est cette profession que vous abordez).

        Sur quoi vous basez-vous pour dire que la nature humaine est cruelle, chaotique et violente ?
        Pour ma part, je pense au contraire que la nature humaine est fondamentalement bonne. Et que l’humain est capable des meilleurs choses pour sa planète. Que la violence, le chaos, la cruauté, sont des stratégies tragiques pour nourrir des besoins non satisfaits, besoins universels qui sont en général plutôt « positifs ».
        Mais je ne détiens pas la Vérité. Qui peut le faire !?

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  11. Je suis bien d’accord avec le fond… le seul problème c’est que la société pait et protège bien plus un chef d’entreprise qui sait gérer qu’un paysan, une coiffeuse ou un garagiste… Les parents s’inquiètent… Il faut nous professionnel, éduc ou instit4 revaloriser ces travaux…

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    1. Bonjour et bienvenue Mowgouaille,
      Effectivement, il ne tient qu’à nous, adultes d’aujourd’hui, de permettre aux enfants d’aujourd’hui de se construire de manière suffisamment libre et autonome pour faire du monde de demain quelque chose de plus humain (euh… suis-je claire ? 🙂 )

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  12. Pourquoi avez vous peur de l’âme et de l’intériorité ? Ce qui me plait justement dans ce texte, c’est sa spiritualité, voir son mysticisme . Oui, la petite plante, l’arbre archétypale, dont nous sommes partie intégrante .

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  13. bonjour, je suis proche dans la vie de la sobriété et des plaisirs simples. Je n’en fais pas pour autant une option exclusive. je reste réticent sur ce genre de textes qui parle d’âme et d’interiorité, « d’intelligence universelle qui se manifeste dans la petite plante », etc. Bien sûr le « travail manuel », l’observation, qui est contre ? mais en faire un panegyrique exclusif ou presque me gène.

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    1. Bonsoir Rotko et tout d’abord merci pour votre participation sur ce blog.
      Que mettez-vous derrière les termes « âme », « intériorité », « intelligence universelle » lorsqu’il s’agit des enfants ?
      Vous avez l’air méfiant face aux propos de Pierre Rabhi, comme s’il faisait de sa vision un dogme. Est-ce juste ?
      En lisant ce texte, j’en comprends un besoin d’un retour aux éléments de base, à la spiritualité, à l’éveil de la conscience, au respect de l’humain et de son développement naturel (et non imposé voire prescrit par la société actuelle). Et un besoin de permettre à chaque enfant de développer le potentiel qui est le sien en ajustant notre posture d’adulte (et non en demandant à l’enfant d’ajuster la sienne à ce que je nous attendons de lui).

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