Uncategorized

Petite pensée sur la dépendance, le manque, la vie…

J’aimerais partager avec vous une pensée concernant la dépendance, le manque, le lien à la Vie…

La toxicomanie, l’alcoolisme, la dépendance affective… autant de situations dans lesquelles les personnes sont en souffrance physique et psychologique et sont amenées à vivre des manques.

souffrance

Il est communément admis que ces personnes recherchent les substances, les relations, qui vont leur faire du bien, qui vont les soulager. Elles entrent alors dans un cercle vicieux de dépendance. Lorsque l’objet de la dépendance n’est plus là, le manque arrive et la souffrance physique et psychologique est là, parfois de plus en plus importante.

La cause de ces troubles (parce que notre société veut qu’il y ait un lien unique de cause à effet entre une situation et une conséquence) est portée par l’éducation, par un manque de volonté, par la dépression, la solitude, les mauvaises fréquentations…

Pourrions-nous envisager les choses autrement ?

Et si la personne ne recherchait pas la satisfaction du manque ou encore un certain bien-être, mais le manque lui-même ?
souffrance2Et si la personne se sentait vivante non pas lorsqu’elle se sent dans l’euphorie d’une consommation mais lorsqu’elle ressent la souffrance intense liée au manque ?
Et si le manque était une compulsion nécessaire à la personne pour se sentir vivante ?

Admettons qu’un enfant ait intégré dans tout son être que la vie se fait dans la souffrance.
Il n’y a pas là un responsable ou une cause unique qui expliquerait cela. Peut-être juste un contexte familial, sociétal…

Ne pourrait-il pas une fois adulte, inconsciemment, rechercher à provoquer cette situation de manque de manière à se sentir vivant ?

L’objet de la dépendance ne serait donc pas l’alcool, la drogue, le partenaire (ou toute autre chose) mais la sensation – liée au manque – de se sentir vivant. Parce que c’est ainsi que l’on a intégré la vie. Parce que sans ressentir la souffrance, on ne sent plus la vie en nous ?

Je nous laisse méditer…

Et vos avis m’intéressent 🙂

Advertisements

6 réflexions au sujet de « Petite pensée sur la dépendance, le manque, la vie… »

  1. ça m’interpelle, cette idée à laquelle je n’avais jamais encore pensé.
    Est-ce quelquechose que tu as appris quelquepart ou plutôt une observation?
    Ca me fait penser à la question des bénéfices secondaires…. tout comme la maladie peut être une façon de dire le mal, ou de se sentir vivant. Manque ou dose d’euphorie pour se sentir vivant? ou bien les deux?

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou 🙂

      Cette perception des choses me vient de la formation que j’ai reçue de Jean-Pierre Muyard.
      Il nous apprend que l’enfant, selon comment il se sent vivant lorsqu’il est tout petit, va intégrer qu’être vivant c’est ressentir ça et va donc tenter de reproduire ça tout au long de sa vie s’il n’en prend pas conscience.

      Par exemple, si un couple de parents laisse pleurer son enfant la nuit et ce jusqu’à ce que le bébé arrête par suradaptation, le bébé PEUT intégrer que le monde dans lequel il vit est un monde dans lequel souffrir est normal. Et en grandissant, la souffrance lui semblera normale. Il se sentira vivant dans la souffrance.

      Il a écrit un livre : « Pourquoi tombons-nous malades ». Je l’ai survolé pour le moment mais je suppose qu’il revient sur cela car c’est vraiment quelque chose sur laquelle il a insisté tout au long d’une année de formation !

      D’ailleurs, je recommande sa formation « Clinique des enfants et des adolescents » à toute personne qui travaille avec des enfants et des adolescents à Esprit-AT à Lille. Il en propose également d’autres sur les troubles dys, la dépression de l’enfant, etc.
      Je ne dirai pas qu’il a changé ma vie, mais il a considérablement fait évoluer ma pratique et ma perception de la Vie et du Monde !

      J'aime

      1. Mon coucou était un signe sincère du plaisir que j’ai eu à te voir par ici 🙂
        Si tu tapes Jean Pierre Muyard sur le net, tu devrais trouver une vidéo. Mais je ne sais plus sur quoi porte sa conf. J’avoue que c’était soporiphique pur moi, je n’ai pas su tenir longtemps

        J'aime

  2. Je trouve cette approche très intéressante.
    Je suis actuellement dans une mauvaise passe et en regardant ma vie, je constate que je me suis toujours trouvée dans une mauvaise passe. Il semblerait que je sois attachée à ma souffrance, de manière assez morbide d’ailleurs, pour me sentir vivante (sinon je m’ennuie). Dans le même ordre d’idée, l’attachement au manque est tout à fait possible: J’ai arrêté de fumer il y a deux ans , du jour au lendemain, sans sensation de manque. J’ai arrêté de fumer car je n’arrivais plus à respirer et un médecin a prononcé ce mot fatidique: « emphysème ». Pas de manque. Je ne fume plus et cela ne manque pas, mais c’est peut-être parce que je me suis attachée à l’idée de la mort lente à venir. C’est une souffrance plus grave, plus « intéressante ».
    Se sentir en vie sans passer par la souffrance demande un courage que je n’ai pas…

    Je trouve cette approche très intéressante, et j’ai bien envie de savoir ce que ça vous donne comme « sortie »: on en fait quoi quand on a compris??

    Bien à vous, j’admire votre travail!

    S. maman de 44 ans de deux merveilles de 12 et 6 ans

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Sarah,

      Tout d’abord, merci pour le témoignage que vous nous partagez au sujet de ce que vous vivez actuellement, et depuis fort longtemps semble-t-il.

      Bien évidemment, je ne saurai vous donner de solution toute faite pour sortir de ce fonctionnement.

      Comprendre est un premier pas. Un beau premier pas ! Et le premier d’autres pas qui mèneront de plus en plus vers soi 🙂

      Néanmoins, si une personne se sent vivant dans la souffrance, un travail thérapeutique (ou autre chose qui ait du sens pour elle !), qui viserait à accompagner la personne vers son élan vital, vers ce qui lui fait du bien, et donc lui permettrait de se sentir vivante autrement que dans la douleur, me semble très intéressant !

      La CNV ou la psychothérapie positive me semblent adaptés à ça.

      Affectueusement,
      Elodie

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s