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Croyance d’éduc #2 : En colère, tu ne te mettras guère !

Suite de la série d’articles : « L’éducateur, un être au cœur de la relation » – Introduction et présentation – Actualisation des connaissances : Introduction / C1 (écoute des besoins et des émotions / C2 (sur cette page) / C3 / C4 / C5 / C6 – Intériorité personnelle – Formation intégrative et expérientielle Je précise que ces croyances sont issus de constats faits sur le terrain, et qu’il est évident que chaque professionnel ne se retrouvera pas nécessairement dans ces propos. Il n’y a là aucun jugement de ma part sur le métier d’éducateur spécialisé que je représente également, d’autant que j’ai été concernée par le sujet il y a quelques années. Dans le cadre de la conférence dont il est question, l’idée est de revisiter les croyances encore en cours aujourd’hui de sorte à mesurer l’importance d’actualiser nos connaissances sur le développement de l’enfant et l’intelligence relationnelle et émotionnelle.

CROYANCE #2

– Il faut cadrer la colère de l’enfant – Attention à ne pas céder à ces caprices – Colère, agressivité, violence, conflit… quelle différence ?

J’observe une grande confusion entre : – La colère > qui est l’expression d’un besoin non satisfait, ou d’une émotion qui n’est pas permise ou pas accessible – L’agressivité > qui est l’énergie de vie qui s’exprime hors de soi – La violence > qui est un passage à l’acte contre soi ou contre l’autre – Le conflit > qui est une confrontation de plusieurs personnes en désaccord (ce qui peut être très constructif et créateur de plein de possibles) Souvent, un enfant ou un ado qui exprime de la colère est considéré comme portant atteinte au cadre posé ou à l’autorité de l’adulte. L’expression de la colère peut également être considérée comme un manque de respect envers la personne vers qui elle est destinée. Pourtant, comme nous l’avons vu lors de la croyance précédente, les émotions, quelles qu’elles soient, sont d’excellents indicateurs pour nous guider dans l’accompagnement des jeunes. Lorsqu’un jeune se met en colère, il exprime une partie de lui. Il nous informe, de la manière dont il peut, que quelque chose ne lui convient pas. Nous avons trop vite fait d’interpréter l’expression de cette émotion comme étant contre nous ou dangereuse pour notre intégrité. Il ne nous vise pas nous directement, il parle de lui ! D’autant que la colère cache souvent une émotion sous-jacente. Elle est l’émotion exprimée et il n’est pas rare qu’au fond, la personne ressente par exemple de la tristesse, de la déception, un sentiment d’injustice, d’impuissance ou encore de la peur. iceberg Exemple : Jules La violence, quant à elle, n’est pas acceptable et nous avons à agir en réponse à ces comportements, de manière adaptée, ce qui est souvent le plus compliqué à faire pour que ce soit réellement constructif. Ce qui est communément appliqué est le rejet, l’exclusion, la punition (ou sanction selon comment on l’appelle ou ce qui est mis en place). Mais accompagne-t-on alors la personne à se comprendre elle-même ? A repérer ce qui l’a, intérieurement, mis tant en inconfort pour en arriver là ? Est-ce que l’action que nous avons mise en place l’aide à cheminer et à trouver une autre manière de faire ? A éviter les situations qui suscitent chez elle tant d’émotions ? Souvent non, puisque nous n’avons pas appris à le faire avec nous-mêmes, donc c’est compliqué de le proposer à autrui. Et souvent non, également, puisque l’on considère que l’autre a fauté. Il mérite donc une réprimande. En tant qu’adulte, je sais ce qui est bien ou mal. Et souvent non, également, parce que l’on accompagne l’autre avec la tête, que l’on tente de le raisonner, de lui faire comprendre que son attitude était « mauvaise »… Si cette vision vous intéresse, je vous recommande vivement de vous intéresser à la Communication Non Violente ! Exemple : Alexandra

D’après Marshall Rosenberg, qui est le père de la Communication Non Violente, elle est l’expression tragique d’un besoin non reconnu ou non satisfait (de même que les jugements, les interprétations, les reproches, les critiques…).

A nous alors d’accompagner notre interlocuteur vers l’identification de ce qui se passe pour lui, de repérer le besoin insatisfait qui se cache derrière et trouver une stratégie efficace qui l’amènera à résoudre son problème. Cela demande d’être à l’écoute de l’autre, pour faire écho au point précédent. Et à être suffisamment au clair avec ses propres états internes pour savoir prendre du recul par rapport à ce qui se joue et prendre conscience que ça ne nous est pas destiné personnellement ! Nous avons là, professionnels, une carte essentielle (!) à jouer pour aider l’autre à évoluer (dans le sens grandir), à surmonter sa détresse et à trouver, dans l’idéal, des stratégies qui lui permettront de dire les choses de manière entendable… et pour cela, il est nécessaire de faire un travail de conscientisation et de discernement de ce qui se joue en dedans. Petit bonus : Vidéo d’Isabelle Padovani sur la colère

Pour la question des conflits, elle sera abordée dans un autre point.

Suite : Croyance 3 « Je cadre, tu cadres, nous recadrons »

La suite dans le prochain article…

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6 réflexions au sujet de « Croyance d’éduc #2 : En colère, tu ne te mettras guère ! »

  1. Bonjour Elodie.
    Quel bonheur de tomber sur votre blog à l’heure où je suis dans la dernière ligne droite de ma formation d’éducateur spécialisé à bientôt 40 ans…. En pleine réflexion sur le sujet de mon mémoire,je croyais être bien avancée… je veux travailler autour de la posture éducative face à de manifestations de violence de la part d’enfants (en MECS). Mais l’herbe m’a été coupée nette sous mes pieds en commission la semaine passée… je suis allée trop loin dans mes réflexions, j’ai trop d’informations, je suis trop dispersée…me voilà fort déprimée, dépourvue…Je sais que j’ai le sujet là, pas très loin, il me faut juste mettre le doigt dessus… Et là, un blog me redonne l’espoir…. affaire à suivre, MERCI

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    1. Bonsoir Laëtitia,
      Merci pour votre message ! Si jamais je peux vous être d’une quelconque utilité pour votre mémoire, n’hésitez pas à me contacter par mail sur elodiewiart.at@gmail.com. C’est un sujet que j’aime beaucoup, et j’anime une formation sur cette thématique auprès des étudiants chaque année à partir de l’approche de la CNV 🙂
      Au plaisir,
      Elodie

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